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Quel avenir pour l’amalgame dentaire en Europe ?

Mercure sur la sellette

Depuis 2005, la Communauté européenne met en place une stratégie sur le mercure dans le but de réduire l’emploi de ce toxique pour la santé humaine et polluant majeur de l’environnement. Cette stratégie s’est déjà concrétisée par l’interdiction des thermomètres au mercure dont on connaît la dangerosité quand le mercure est répandu accidentellement par bris de l’instrument. Dans le domaine médical, les dentistes sont les plus gros utilisateurs de mercure qui leur sert à confectionner les fameux plombages ou amalgames dentaires, ainsi nommés parce qu’ils résultent de l’amalgamation à froid de quatre métaux (argent, cuivre, étain et zinc) grâce au mercure qui entre pour moitié dans la composition de l’alliage et joue le rôle de liant.

Traitement spécial pour le mercure dentaire

Pour autant, il n’était pas question de traiter les amalgames au mercure sur un pied d’égalité avec les autres dispositifs médicaux. S’il est facile de trouver d’autres solutions quand il s’agit d’un thermomètre, c’est moins évident en dentisterie où remplacer l’amalgame au mercure s’avère beaucoup plus délicat. Le cas de l’amalgame dentaire a donc été confié à deux comités scientifiques, chargés d’évaluer les bénéfices et les risques sanitaires liés à l’emploi du plombage au mercure en dentisterie, à partir d’une compilation de la littérature scientifique existante. L’un de ces deux comités, le SCENIHR (Scientific Committee on Emerging and Newly Identified Health Risks), vient de rendre un pré-rapport rendu public mi-janvier 2008.

Verdict du comité scientifique européen

Il est extrêmement clair et tranche en faveur de l’amalgame dentaire. D’après le SCENIHR, l’amalgame serait un matériau sans risque pour la santé. Le rapport affirme en outre que l’amalgame dentaire “doit être considéré comme un matériau de choix“. Pour résumer, d’après ce rapport, il ne serait pas possible de se passer de l’amalgame au mercure car aucune des solutions alternatives existant actuellement ne serait satisfaisante et comporterait, elle aussi, des risques de toxicité.

Rapport partial ?

On peut s’interroger sur l’objectivité de ce rapport quand on sait que les quatre experts extérieurs consultés pour le rédiger sont tous des dentistes et que la profession reste majoritairement, par la voie de ses instances officielles, très attachée à ce matériau. Les dentistes souhaitent continuer d’employer l’amalgame essentiellement, on peut le craindre, pour des raisons de rentabilité (comme expliqué sur le site Holodent). C’est ainsi qu’ils posent chaque année quelques 15 tonnes de mercure dans la bouche des français. L’AKUT, une ONG luxembourgeoise qui milite en faveur de l’interdiction de l’amalgame dentaire, accuse le SCENIHR de partialité et d’avoir délibérément écarté les nombreuses études scientifiques démontrant la nocivité du plombage au mercure.

En savoir plus sur le rapport du SCENIHR et la pétition lancée par l’AKUT : site Holodent, la dentisterie holistique par Estelle Vereeck

Attention

Pas de dépose intempestive des amalgames dentaires qui libère des quantités importantes de mercure (vapeurs et particules). Pas de remplacement systématique par les résines ou composites qui sont, dans certaines conditions, nocives pour la pulpe (ou nerf) et trop fragiles pour remplacer une obturation volumineuse. Les précautions à prendre, le protocole de dépose, les solutions de remplacement sont détaillées dans le Pratikadent, dictionnaire holistique des atteintes dentaires et de la biocompatibilité des soins, aux rubriques : Plombage, Plombage-dangers, Plombage-dépose, ainsi que de nombreux conseils qui permettent de trouver un dentiste qui opère dans les règles de l’art.

Extraits de ces rubriques en consultation libre à partir de la page de présentation du Pratikadent (sur le site des éditions Luigi Castelli).

Extraire les dents dévitalisées ?

À lire certains articles qui prônent l’extraction systématique des dents dévitalisées, on se croirait revenu au Moyen Âge. Rappelons que pendant des siècles, l’extraction fut l’unique et mutilante réponse au mal de dent. Au départ sommaire, passage d’une aiguille chauffée au rouge dans le canal pour cautériser le nerf, la technique de dévitalisation s’est peu à peu sophistiquée. Les travaux de Lister et de Pasteur ont ouvert la voie à la désinfection des canaux par des formules liquides qui permirent de traiter et de conserver des dents jusqu’alors vouées à l’extraction. Aujourd’hui des techniques de pointe (ultra-sons, laser, condensation de gutta chaude) améliorent encore le pronostic des dents dévitalisées.

Primum non nocere

“D’abord ne pas nuire” est le principe absolu qui doit guider le dentiste, comme le médecin, dans son traitement. Face à une dent dévitalisée, la seule question à se poser est donc: vais-je améliorer ou dégrader la santé de ce patient en extrayant ?

Amélioration espérée

Côté amélioration, le dentiste partisan de l’extraction espère libérer le patient des toxines bactériennes générées par la dent dévitalisée. Si ces toxines existent, il faut se demander s’il ne serait pas plus judicieux de renforcer les défenses immunitaires du patient plutôt que d’amputer son capital dentaire. Des mesures ciblées (expliquées sur le site Holodent) peuvent permettre de tolérer sans dommages excessifs ce surcroît de toxines.

Dégâts collatéraux des extractions

Côté dégradation, il faut savoir que toute extraction altère irrémédiablement l’occlusion et provoque un tassement des mâchoires et de l’articulation qui les relient. Ce tassement est inévitable et ne peut être que ralenti par la prothèse qui sera posée ultérieurement. Les conséquences de cet affaissement sont nombreuses, à la fois sur l’articulation des mâchoires (craquements, douleurs, ressauts) et sur la posture dont les chaînes musculaires se contracturent pour s’adapter, créant une vrille nuisible à l’ensemble du fonctionnement ostéo-articulaire.

Peser le pour et le contre

Ceci ne veut pas dire qu’il ne faut jamais extraire mais que toute extraction doit être soigneusement pesée en regard des dommages créés et des avantages espérés. Nous conseillons vivement de visiter le site d’un dentiste suisse, Dent dévitalisée et dentisterie énergétique, qui permet de se faire une idée globale du sujet.

Attention

La présence des dents de lait est essentielle aux développement des mâchoires. Il ne faut jamais extraire de dent chez l’enfant ni chez l’adolescent, sauf nécessité absolue.

La biocompatibilité des matériaux dentaires, l’enjeu du XXIe siècle

Du plomb dans les dents

Au cours des siècles passés, la biocompatibilité des matériaux dentaires n’a jamais été la préoccupation des dentistes. Tout simplement parce qu’ils n’avaient pas le choix. Parmi les matériaux utilisés pour obturer les dents, l’or fut de tout temps le plus stable et le mieux toléré. Malheureusement son coût élevé limitait son utilisation à une fraction aisée de la population. Pour les autres, c’est à dire la majorité de ceux qui pouvaient se faire soigner les dents, c’est avec du plomb (du plomb véritable) que l’on comblait les cavités dentaires creusées par la carie. Très réactif en bouche, le plomb s’oxydait rapidement au contact de la salive et intoxiquait le porteur avec les particules de plomb libérées par corrosion. Responsable de graves troubles neurologiques, l’intoxication au plomb est connue sous le nom de saturnisme.

Du plomb au plombage

Le plomb fut employé jusqu’au dix-neuvième siècle. Dans les années 1830, il fut remplacé par un autre matériau, l’amalgame dentaire, encore connu sous le terme de plombage. Composé pour moitié de mercure, l’amalgame est certes moins toxique que le plomb, mais loin d’être biocompatible pour autant. Des études in vitro ont montré sa haute toxicité cellulaire. De nombreuses études par prélèvements, tant chez l’animal que chez l’homme, ont montré la capacité de l’amalgame à relarguer des particules métalliques (mercure en particulier) qui s’accumulent dans les tissus (rein, cerveau, foie, etc.) et franchissent la barrière placentaire pour contaminer le fœtus. En dépit de ces nombreuses études*, le plombage au mercure continue d’être majoritairement employé en dentisterie.

La décision de la Norvège d’interdire le mercure et la polémique autour de la maladie d’Alzheimer dont l’amalgame dentaire pourrait être un des principaux facteurs étiologiques, relance le débat de la biocompatibilité des matériaux dentaires.

Autres toxiques

On aurait tort de croire cependant, que le plombage est le seul matériau à poser problème. Le nickel, hautement allergisant et reconnu par le CIRC (Centre international de Recherche sur le Cancer) comme cancérogène probable pour l’être humain est majoritairement employé en dentisterie. Le titane employé en implantologie n’est pas aussi neutre que les laboratoires voudraient le faire croire.

Dans un domaine voisin, des laboratoires commercialisent des pâtes hautement toxiques destinées à obturer les canaux des dents dévitalisées. C’est le cas des pâtes qui contiennent des dérivés formolés dont les effets allergisants ont été rapportés dans la littérature scientifique*. C’est également le cas des pâtes à base de résines époxy dont la haute toxicité cellulaire a été démontrée par de nombreuses expériences in vitro*, ce qui n’empêche pas les laboratoires d’affirmer leur biocompatibilité.

Bonnes résolutions

À l’avenir, il est indispensable de mettre en place au niveau européen des tests de toxicité pour tout matériau dentaire (tests de cytotoxicité, immunotoxicité, génotoxicité, tératogénicité,…) avant toute mise sur le marché, afin de protéger la population. L’innocuité devrait désormais devenir le premier critère de choix d’un matériau dentaire, comme elle aurait toujours dû l’être…” conclut Hyman Schipper à propos de l’implication probable du plombage dentaire dans la maladie d’Alzheimer.

Certes, l’intention est louable. Mais comment la mettre en pratique alors que les matériaux dentaires, contrairement aux médicaments, ne sont pas soumis à une autorisation de mise sur le marché ? Cela signifie concrètement que ce n’est pas au laboratoire de faire la preuve de l’innocuité du matériau ou du produit qu’il commercialise mais au patient de démontrer sa toxicité. En clair, les laboratoires ont tout pouvoir, y compris celui de contredire des études scientifiques démontrant la toxicité de leur produit. Il faudrait donc réformer la législation européenne pour que les produits et matériaux dentaires soient soumis aux mêmes règles que les médicaments. On comprends que les laboratoires ne voient pas d’un bon œil une telle réforme de la loi.

S’informer

Si le XIXe siècle fut celui du plomb, le XXe celui du plombage, le XXIe siècle sera peut-être celui de la biocompatibilité. En attendant que la législation change, si elle change un jour, c’est au patient de se montrer vigilant, de s’informer et de sélectionner les produits les mieux tolérés.

Le Pratikadent, dictionnaire holistique des atteintes dentaires et de la biocompatibilité des soins s’avère à cet égard un guide précieux qui éclaire un domaine encore opaque, celui de la biocompatibilité des matériaux.

* Voir la bibliographie sur le site des éditions Luigi Castelli