Prothèses dentaires : fausses dents, vrais doutes
“Fausses dents, vrais doutes” le reportage diffusé le 26 mars 2009 dans le cadre de l’émission Envoyé spécial a mis en lumière un sujet plutôt opaque : l’origine et la traçabilité des prothèses dentaires.
Crise oblige, de plus en plus de dentistes auraient recourt aux services de laboratoires basés en Chine ou en Europe de l’Est pour réaliser leurs prothèses. Importées par des organismes spécialisés, voire même par les prothésistes eux-mêmes qui délèguent ainsi une partie de leur travail, ces prothèses étrangères “low cost” permettent aux dentistes d’augmenter considérablement leur marge bénéficiaire puisque l’économie réalisée n’est pas répercutée sur la facture du patient.
Il n’y a rien de scandaleux à ce qu’un dentiste cherche à augmenter son bénéfice si la qualité des travaux ainsi réalisés est en proportion. Or ce n’est pas le cas. En effet, après analyse, il s’est avéré que certaines de ces prothèses étrangères contenaient du plomb. Plus encore, la traçabilité de ces prothèses étrangères ne peut être établie, ce qui signifie que la composition exacte reste inconnue. Quant à la qualité, elle n’est pas supérieure, voire nettement inférieure à celle des prothèses fabriquées dans l’hexagone.
De plus, faire réaliser une prothèse à plusieurs milliers de kilomètres de son cabinet est en soi une pratique qui ne favorise pas la réalisation de travaux de qualité. Vus la distance et le prix du transport, la prothèse doit être réalisée en une fois, pas question de la renvoyer en cas de défaut d’ajustage ou de teinte ou encore pour une retouche (polissage, glaçage, etc.). Or de tels problèmes sont fréquents, la prothèse étant loin d’être une science exacte.
Suite à l’émoi des patients alarmés par la provenance et la qualité de leurs prothèses, le Conseil de l’Ordre des Chirurgiens-Dentistes a publié une charte en cinq points sur “les bonnes pratiques existantes en matière de réhabilitation prothétique”. Les dentistes s’y engagent à respecter la directive européenne concernant la traçabilité pour les prothèses. Rien n’est dit cependant sur les prothèses made in China ou ailleurs, la pratique restant pudiquement passée sous silence. À ce jour, le dentiste n’est pas tenu d’informer son patient sur l’origine de la prothèse qu’il lui pose.
Difficile dans ces conditions de ne pas douter.
En savoir plus : site holodent
Tout connaître sur les matériaux indésirables ou toxiques entrant dans la composition des prothèses : le Pratikadent, rubrique Toxicité.
Publié le 10 mars 2009 dans la catégorie Actualité.
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