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Othodontie : traiter la cause ou le symptôme ?

Face à un problème de dents qui se chevauchent, sont mal implantées ou s’engrènent mal, l’orthodontiste a deux solutions.

Traiter le symptôme

Focalisés sur les dents implantées de manière chaotique ou disgracieuse, l’orthodontiste mécaniste va tenter à tout prix de les redresser, quitte à sacrifier pour cela des dents saines. Des prémolaires, deux ou quatre selon les cas, seront extraites. Grâce à l’espace ainsi ménagé, l’orthodontiste, à l’aide de bagues et d’attaches fixées sur les dents, aligne les dents restantes. Cette méthode présente de nombreux effets secondaires avec pour principal inconvénient de ne pas corriger l’étroitesse des mâchoires, et même de l’accentuer par les extractions. Celles-ci ont de nombreuses conséquences en terme d’esthétique sur l’harmonie du visage et du profil, ainsi que sur la santé et la respiration. En effet, qui dit palais étroit dit fosses nasales étroites et mauvaise respiration*. De plus, les extractions qui ne traitent rien, ne font que masquer les symptômes en créant d’autres problèmes: extraire n’est pas guérir (sur le site Holodent).

Traiter la cause

L’orthodontiste centré sur l’approche fonctionnelle, voit la cause derrière le symptôme et comprend que les mâchoires étroites sont seules responsables du problème d’encombrement. Contrairement à son confrère mécaniste qui la rétrécit par des extractions, l’orthodontiste fonctionnel s’attache à élargir l’arcade par tous les moyens à sa disposition, quand c’est encore possible, c’est à dire chez l’enfant en phase de croissance. Chez l’adulte, il reste possible, non plus d’élargir l’arcade mais l’os qui supporte les dents ou os alvéolaire. En élargissant l’os, c’est à dire le contenant, on ménage la place pour le contenu, les dents. Celles-ci trouvent alors naturellement la place de s’aligner sans mutilations inutiles et dommageables pour la santé et le capital dentaire. Bien entendu, les possibilités thérapeutiques sont plus importantes chez l’enfant mais l’adulte peut néanmoins bénéficier de cette thérapeutique dans un grand nombre de cas et ainsi échapper aux extractions, aux conséquences redoutables.

Faire le bon choix

Traiter la cause ou tenter de masquer les symptômes, approche fonctionnelle ou mécaniste, à chacun de choisir son orthodontie, pour lui-même ou ses enfants, en toute connaissance de causes.

Tout sur l’orthodontie fonctionnelle: Orthodontie, halte au massacre.

De nombreux extraits du livre sont disponibles sur le site des éditions Luigi Castelli.

* Voir en particulier: les dégâts de la respiration buccale sur la santé.

À qui s’adresse l’orthodontie fonctionnelle ?

L’enfant en croissance

L’orthodontie fonctionnelle s’adresse en priorité à l’enfant en croissance. C’est dans ce contexte que l’orthodontie fonctionnelle démontre toute son efficacité en redirigeant la croissance, en levant les blocages, en normalisant les fonctions (respiration, déglutition, mastication). Plus l’enfant est jeune, meilleurs sont les résultats. Il est possible et souhaitable d’intervenir dès l’âge de trois ans. La limite supérieure se situe aux alentours de l’âge de huit ans. En effet, la croissance du palais s’arrête dès l’âge de neuf ans. Passé cet âge, il est impossible de remédier à un palais étroit.

L’adolescent

Il reste possible de traiter l’adolescent en orthodontie fonctionnelle. Néanmoins, il faut savoir que plus on avance en âge, plus la durée du traitement s’allonge et moins les traitements sont stables (le risque de récidive augmente). En effet, une fois la période de croissance dépassée, il n’est plus possible d’élargir un palais trop étroit ni de développer de manière optimale une mandibule trop petite (rétrognathie). En  outre, plus les années passent, plus il devient difficile de normaliser les fonctions, les habitudes étant trop profondément ancrées.

L’adulte

Chez l’adulte, il faut agir avec la plus grande prudence car les structures (dents, os, articulations) ont perdu toute plasticité. En outre, il est très délicat d’intervenir pour bousculer un équilibre acquis depuis de longues années. Reste que les traitements fonctionnels ont l’immense avantage d’agir avec beaucoup plus de douceur que les classiques traitements par bagues, généralement trop brutaux, mal supportés et source d’importants effets secondaires. Il faut savoir cependant, qu’une fois la croissance terminée, et donc plus encore chez l’adulte, les traitements ne sont pas stables et impliquent le port d’une contention à vie.

À chacun son traitement

L’orthodontie fonctionnelle privilégie les appareils amovibles, moins contraignants pour les dents et les os du crâne. Il en existe de différents types, chacun avec ses avantages et ses inconvénients. Ils sont détaillés dans Orthodontie, halte au massacre, un livre référence à lire avant de commencer un traitement pour orienter son choix et éviter les mauvaises surprises.

Les fonctions en orthodontie

L’orthodontie fonctionnelle est ainsi appelée parce qu’elle se préoccupe de traiter les fonctions.

Qu’entend-t-on par fonctions ?

Respirer, déglutir, mastiquer sont des fonctions vitales car essentielles à la survie de l’individu. Plus encore, ces fonctions participent activement au développement des mâchoires, c’est pourquoi l’orthodontie fonctionnelle leur accorde une importance centrale. Si la mastication est la fonction la plus connue comme facteur de développement des mâchoires, les autres fonctions que sont la respiration et la déglutition y participent également.

Quel rapport entre les fonctions et le développement des mâchoires ?

Les fonctions sollicitent les puissants muscles masticateurs qui s’insèrent sur les mâchoires, stimulant ainsi leur croissance. Mais surtout, la langue qui est le dénominateur commun des fonctions, joue un rôle fondamental dans le développement des mâchoires. Par sa position lors des différentes fonctions, la langue conditionne le développement des mâchoires et a une incidence considérable sur la santé générale (comme expliqué sur le site Holodent). Une dysfonction de la langue (par exemple: langue basse) est donc toujours associée à un manque de développement ou étroitesse des mâchoires.

Action préventive de l’orthodontie fonctionnelle

Le corollaire est qu’en agissant précocement sur les fonctions, il est possible de prévenir les problèmes d’encombrement et d’empêcher l’apparition des malocclusions. Ainsi les traitements d’orthodontie sont évités ou considérablement raccourcis et simplifiés. C’est le rôle de l’orthodontie fonctionnelle que d’agir sur les fonctions et donc sur la position de la langue par des appareillages, parfois précédés ou suivis de séances d’orthophonie. Mais attention: la clé est d’agir durant la phase de croissance des mâchoires, c’est à dire tôt (de préférence avant l’âge de neuf ans). Il est ainsi possible d’éviter les traitements longs et mutilants (extractions de dents saines) à l’adolescence. En outre, les traitements menés tôt ne récidivent pas comme les traitements classiques.

En savoir plus sur l’orthodontie fonctionnelle (rôle de la langue, appareillages, autres moyens d’action) : Orthodontie, halte au massacre (présenté sur le site des éditions Luigi Castelli).