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En savoir plusA ne pas confondre avec la sclérose en plaques, le terme générique de sclérodermie (qui vient du grec «scleros» = dur et «derma» = peau) désigne un ensemble d’affections de cause inconnue, ayant en commun une induration scléreuse de la peau.
Il s’agit d’une pathologie d’origine auto-immune : le système immunitaire réagit de manière inadéquate et provoque des altérations des vaisseaux et du tissu conjonctif de différents organes tels que l’appareil gastro-intestinal, les poumons, le cœur et les reins. Le degré et le pourcentage de telle ou telle atteinte varient selon les patients pouvant ainsi causer le développement de handicaps et diminuer la survie.
Des études qui ont été menées à propos de la sclérodermie, on retient que :
La théorie la plus récente fait intervenir plusieurs mécanismes : immunitaires, vasculaires et cellulaires. L’anomalie essentielle provient d’un mauvais fonctionnement d’un type de cellule appelé fibroblaste. Les fibroblastes constituent un élément important des tissus de soutien de la peau et des autres organes du corps ; leur fonction essentielle est de secréter du collagène. La lésion caractéristique de base de la sclérodermie est la surproduction de collagène qui est qualitativement normal, mais augmenté en taille et en nombre. Ce collagène excédentaire est responsable de la sclérose : épaississement et durcissement de la peau et des organes internes.
On sait aussi que plusieurs gènes sont impliqués dans cette pathologie et que diverses substances utilisées professionnellement (la silice, la résine, certains détergents, …) peuvent également la déclencher chez un malade susceptible génétiquement. Des recherches sur l’incidence du facteur environnemental sont actuellement en cours.
Il existe essentiellement deux formes de sclérodermies.
C’est la forme la moins grave de la maladie. On y note presque exclusivement une atteinte de la peau qui se sclérose sous la forme d’une ou de plusieurs plaques pouvant siéger n’importe où sur le corps. Au niveau de ces plaques, la peau est plus ou moins enraidie, se laisse parfois difficilement plisser et semble adhérer aux muscles et aux os sous-jacents. La peau prend une couleur blanc-nacré avec, parfois autour des plaques, un anneau de couleur lilas témoignant de l’inflammation et donc de l’activité de la maladie. Les organes internes sont très rarement touchés ; le pronostic d’évolution de cette pathologie est très optimiste.
Elle se subdivise en 2 catégories :
C. pour calcinose sous cutanée : production dans l’organisme de dépôts calcaires qui vont se loger sous la peau surtout au niveau des doigts.
R. pour syndrome de Raynaud (arrêt transitoire de la circulation du sang au niveau des extrémités) déclenché le plus souvent par le froid mais aussi le stress.
E. pour atteinte de la mobilité de l’œsophage.
S. pour sclérodactylie
T. pour télangiectasies (taches à la surface de la peau)
C’est la forme la plus grave de la maladie. Le phénomène de durcissement des tissus débute souvent aux mains où la peau est dure, sèche, tendue et fine ; les doigts sont effilés et pointus avec possible diminution de leur mobilité et de celle des articulations.
Le plus souvent, c’est le phénomène de Raynaud qui amène à consulter. Progressivement des gestes de la vie quotidienne deviennent difficiles voire impossible. L’évolution lente ou rapide de la maladie va conduire à une atteinte progressive des avant-bras mais aussi des lèvres avec gêne à l’ouverture de la bouche et à la mastication difficile.
La sclérose peut atteindre :
La sclérose systémique s’accompagne toujours d’une fatigue non expliquée.
Aucun traitement à ce jour ne permet de guérir de la sclérodermie. Plusieurs médicaments permettent cependant de stabiliser la maladie voire de faire régresser certains symptômes. (corticoïdes, anti-inflammatoires non stéroïdiens ? …)
Les différentes recherches médicales récentes avancent dans ce domaine.
En l’absence de traitement curatif de la maladie, les traitements symptomatiques sont fondamentaux et permettent d’améliorer le pronostic fonctionnel des patients : éducation du malade (protection des mains contre le froid, contre les traumatismes même minimes), soins quotidiens des mains, arrêt impératif du tabac, la kinésithérapie douce progressive (indispensable pour lutter contre les ankyloses et la gêne respiratoire), ergothérapie, …
En cas de brûlures digestives, des pansements gastriques peuvent être prescrits et les repas seront fractionnés.
Certains médicaments seront proscrits (les bêta-bloquants, les dérivés de l’ergot de seigle, etc.).
Pour les malades, déjà fortement handicapés physiquement dans leur vie de tous les jours, vient s’ajouter inévitablement cet autre handicap, psychologique cette fois, mais tout aussi lourd, l’isolement.
Souvent mal connue du corps médical, méconnue du grand public, cette maladie dite « orpheline » plonge ceux qui en souffrent dans une grande solitude.
Créée en 1989 par des malades atteints de sclérodermie ainsi que leur entourage et des sympathisants bénévoles, l'association travaille pour la reconnaissance de la maladie ainsi que pour aider les malades au quotidien. Ces derniers peuvent se rencontrer, témoigner et s'entraider via l'ASF, qui contribue à promouvoir la recherche médicale.
Cette association belge a été créée en collaboration avec des professeurs d’universités belges, des bénévoles et des patients afin d’établir une chaîne de solidarité, d’espoir et d’écoute entre les malades, informer le public, sensibiliser le corps médical, guider les patients dans divers domaines, faire reconnaître la maladie (en interpellant les pouvoirs publics) et enfin aider la recherche médicale dans notre pays.
Parlez-en à votre médecin.
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