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Conseils : Comment interpréter les résultats d’une prise de sang ?

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Ressortir du laboratoire d’analyse avec son enveloppe blanche et l’ouvrir dans sa voiture à l’abris des regards… Tout le monde a déjà connu ce moment de solitude devant des feuilles blanches et des dizaines de valeurs renseignées. Le réflexe de tous et de comparer les résultats obtenus avec les valeurs de référence renseignées sans trop savoir à quoi cela correspond.
Soudain, c’est la panique, une valeur est en gras, soulignée et clignote parmi toutes, elle est hors des clous ! Pas le temps d’attendre votre rendez-vous avec le médecin, vous vous ruez sur internet pour comprendre ce qui cloche et dressez le diagnostic...

Cet article ne se substitue en aucun cas à l’avis de votre médecin. Il a pour seul but de vous éclairer sur les différents dosages pratiqués en routine et de rendre compréhensibles et accessibles les résultats rendus.

Au sommaire :

NFS : Numération Formule Sanguine

Globules Rouges ou Hématies

Les globules rouges servent à transporter l’oxygène dans l’organisme. Il se chargent en oxygène dans les poumons et vont ainsi le distribuer vers les tissus. Lors de la NFS, ils sont dénombrés et quelques caractéristiques sont étudiées.

Par exemple le VGM (Volume Globulaire Moyen) rend compte de la taille des globules rouges. Trop faible, il signe une anémie martiale, comprenez carence en fer. Trop élevé, on parlera d’une macrocytose et il s’agit souvent d’une carence en vitamine B12, B9 ou d’un alcoolisme chronique.

               La CGMH (Concentration Globulaire Moyenne en Hémoglobine) mesure la quantité d’hémoglobine dans 100 ml de globules rouges. L’hémoglobine est la protéine dans le globule rouge qui porte l’oxygène. C’est elle qui donne la couleur rouge au sang. Comme l’hémoglobine est constituée de 4 hèmes qui portent un atome de Fer, la valeur de la CGMH pourra confirmer l’anémie ferriprive. (Moins de fer, pas d’hème, pas d’hémoglobine).

Plaquettes

Beaucoup plus petites que les globules rouges, les plaquettes sont impliquées dans la coagulation et sont mobilisées en cas de saignements. Si le nombre de plaquettes est insuffisant, l’organisme est exposé à des risques hémorragiques. Au contraire, si les plaquettes sont en surnombre, des thromboses peuvent apparaître. Un caillot se forme alors et peut boucher un vaisseau.

Leucocytes

Vous les connaissez mieux sous le terme de globules blancs. Les leucocytes regroupent l’ensemble des différents sous-types de globules blancs. Ils sont formés dans la moelle osseuse et circulent en permanence dans l’organisme. Ils sont particulièrement mobilisés lorsqu’un agent pathogène pénètre dans l’organisme ou lors d’une réaction inflammatoire.

Les taux des leucocytes circulants permettent de mettre en évidence la présence d’une infection. Les taux peuvent alors augmenter de façon importante et se retrouver à plusieurs fois la limite supérieure.

Cinq grandes classes de leucocytes sont ainsi distinguées dans une NFS : Les polynucléaires neutrophiles (ou granulocytes), les éosinophiles (marqueurs d’une maladie parasitaire ou d’une allergie), les basophiles (dont le surnombre signe une maladie inflammatoire ou une allergie) les lymphocytes (responsable de la fabrication des anticorps pour vaincre les agents pathogènes) et enfin les monocytes.

Chaque catégorie est exprimée en pourcentage de la quantité totale de leucocytes mais c’est bien la quantité absolue qu’il faut retenir.

Ferritine

Comme son nom le suggère, la ferritine est corrélée à la teneur en fer de l’organisme. Il s’agit d’une protéine qui se lie au fer et le rend disponible pour les cellules, notamment les hématies (ou globules rouges). Son dosage permet de préciser l’origine d’une éventuelle anémie.

Une faible teneur en ferritine peut marquer une perte de sang importante (règles trop abondantes ou hémorragies invisibles au niveau du tube digestif : estomac, intestins), un manque de fer provenant de l’alimentation (les végétariens sont les plus concernés) ou encore des besoins plus importants et non satisfaits notamment pendant la grossesse.

Un supplémentation en fer pourra alors être discutée avec votre médecin pour pallier à une éventuelle carence.

Bilan inflammation

CRP : C-Réactiv Protein

Il s’agit d’une protéine synthétisée au niveau du foie et augmente en cas d’inflammation et/ou d’infection.

VS : Vitesse de Sédimentation

La VS correspond à la quantité de sang qui coagule dans un tube dans les 2 heures qui suivent le prélèvement. Elle met en évidence la présence d’un éventuel mécanisme inflammatoire aigu (infection, cancer…) Son taux varie selon les prises médicamenteuses, l’âge, le sexe ou l’état de grossesse.

La VS peut mettre en évidence une inflammation plus ancienne et met plus de temps à diminuer que la CRP.

Glycémie

La glycémie est le dosage de glucose au niveau sanguin. Elle est dosée à jeun*. Ce dosage permet d’évaluer le métabolisme du sucre par l’organisme. Il est le premier indice mettant en évidence un diabète.

La teneur en sucre dans le sang est sous le contrôle de différentes hormones dont l’insuline, secrétée par le pancréas juste avant une prise alimentaire.

Pour en savoir plus, consultez notre article sur ce sujet ici.

Examen Anomalie lipidique (EAL)

Ce bilan sera demandé par le médecin pour un dépistage ou un suivi. Si une anomalie est détectée, on parlera de dyslipidémie. Plus précisément, on parle d’hypercholestérolémie si le taux de mauvais cholestérol est élevé ou d’hypertriglycéridémie quand c’est le taux de triglycérides qui l’est. Quand les deux valeurs sont excessives, une hyperlipidémie mixte est diagnostiquée. 

Il est conseillé de pratiquer un bilan lipidique tous les 5 ans pour les personnes ne bonne santé. Une perturbation du métabolisme des lipides est un phénomène insidieux qui ne se manifeste par aucun symptôme particulier. Pour autant, une dyslipidémie peut avoir de graves conséquences au niveau cardio vasculaire.

Les triglycérides (TG)

Les TG sont issus de la dégradation des graisses d’origine animale au niveau du foie. Ils sont stockés dans les adipocytes, les cellules capables de stocker les graisses et les remettre à disposition de l’organisme en cas de besoins. Une hypertriglycéridémie peut être facilement rencontrée dans le cas d’une consommation chronique d’alcool, chez les sujets diabétiques mal équilibrés, en fin de grossesse ou lors de la prise d’un contraceptif par voie orale (certaines pilules).

Le Cholestérol

Le bon ? Le mauvais ? C’est l’éternelle question que tout le monde se pose à la lecture d’un bilan sanguin. Je vais tacher d’y répondre le plus simplement possible.

Le cholestérol est un précurseur de nombreux composants de notre organisme. On peut citer la vitamine D, certaines hormones (œstrogènes, testostérone…) ou encore les membranes cellulaires. Le foie et les intestins le synthétisent mais 30% provient de l’alimentation.

Le taux de cholestérol total n’est pas la valeur la plus importante. Bien qu’elle donne une indication générale, elle rend compte du taux de LDL, HDL et d’une partie des triglycérides. De plus, la norme est à mettre en regard de l’état général d’une personne, de ses antécédents (personnels et familiaux) et des médicaments qui lui sont administrés.

Les LDL ou HDL sont deux protéines responsables du transport du cholestérol dans l’organisme.

LDL

Les LDL (Low Density Lipoprotein) sont des protéines de faible densité et sont identifiées comme le mauvais cholestérol. C’est un taux en excès de ces protéines qui définit une hypercholestérolémie.

Les LDL distribuent le cholestérol aux organes.

Le taux de LDL est particulièrement corroboré aux risques cardiovasculaires du fait de l’implication de ces protéines dans la formation de plaques d’athérome. L’athérosclérose est la première maladie cardiovasculaire au monde et la principale conséquence d’une hypercholestérolémie.

Les dépôts successifs au niveau de la paroi des artères provoquent leur perte d’élasticité et réduit leur diamètre. Le sang circule moins bien et cela peut engendrer une angine de poitrine quand les artères coronaires sont touchées, soit une douleur thoracique qui apparaît principalement à l’effort. Une rupture de la plaque d’athérome peut brutalement avoir lieu. Le caillot ou thrombus ainsi formé est susceptible d’aller boucher un vaisseau comme une artère coronaire et c’est l’infarctus du myocarde. Le muscle du cœur est alors privé d’oxygène. Le thrombus peut également atteindre et boucher les carotides ou un vaisseau des membres inférieurs.

HDL

Les HDL (High Density Liporpotin) sont les protéines de haut poids moléculaires. Elles correspondent au bon cholestérol. Elles préviennent la formation de plaque d’athérosclérose.

Les HDL, à l’inverse des LDL, elles prélèvent les excès de cholestérol pour les ramener au foie afin qu’ils soient éliminés.

Bilan rénal

Un bilan rénal sera régulièrement prescrit aux personnes qui présentent une hypertension artérielle, aux sujets diabétiques ou aux personnes âgées. Il peut être complété par un bilan ionique avec la teneur en sodium (Na), potassium (K) ou encore le dosage d’urée et d’acide urique.

Créatinine

La créatine est une source d’énergie présente dans les muscles. Elle est dégradée en créatinine qui, éliminée continuellement par les reins, sert de marqueur de leur bon fonctionnement. Elle est susceptible d’être plus élevée chez les personnes ayant une masse musculaire plus importante, notamment les grands sportifs.

Du fait de la teneur particulière au niveau musculaire, il est déconseillé de pratiquer une activité physique intensive dans les 48 heures qui précèdent le prélèvement sanguin.

Une concentration élevée en créatinine dans le sang peut être le marqueur d’une atteinte de la fonction rénale (infection, maladie chronique, présence d’un calcul…), d’une insuffisance cardiaque, une déshydratation, un blessure musculaire…

A l’inverse, une concentration basse peut être le signe d’une atteinte hépatique ou d’une faible masse musculaire (personne âgée principalement) mais peut être rencontrée aussi pendant la grossesse.

DFG (Débit de Filtration Glomérulaire)

Il correspond à la capacité de filtration des reins en 24 heures. Normalement supérieur à 90 ml/min, il permet de rendre compte de l’état du fonctionnement rénal.

Bilan hépatique

Le bilan de la fonction hépatique repose surtout sur le dosage d’enzymes hépatiques telles que l’ASAT (ASpartate AminoTransférase), ALAT (ALanine Aminotransférase), gamma-GT (Gamme Glutamyl Transférase) et éventuellement la PAL (Phosphatase alcaline).

Le bilan pourra être complété par la dosage de la bilirubine et albumine. La bilirubine est un pigment jaune résultant de la dégradation de l’hémoglobine contenue dans les globules rouges. C’est ce qui explique la coloration jaune du blanc de l’œil puis de la peau en cas d’insuffisance hépatique, quand le foie ne joue pas son rôle d’épurateur et que la bilirubine s’accumule dans l’organisme, c’est l‘ictère.

Les temps de coagulation pourront également mettre en évidence la présence d’une maladie du foie.

Comme pour l’ensemble des dosages, une faible augmentation de la valeur par rapport celle de référence n’est pas forcément un signe d’un dysfonctionnement majeur.

Bilan thyroïdien

La thyroïde est une glande située au niveau du cou. Les hormones thyroïdiennes, la T3 (triiodothyronine) et la T4 (thyroxine), sont produites à partir de l’iode et de la tyrosine sous le contrôle de la TSH (Thyroid Stimulating Hormon) autrement nommée thyréostimuline.

Les taux d’hormones thyroïdiennes s’autorégulent. Quand les taux de T3 et T4 augmentent la TSH diminue et inversement. La T4 représente la très grande majorité de la production hormonale de la thyroïde mais seule la T3 est active. La T4 sera alors transformée en T3 grâce à un mécanisme de conversion.

Un bilan thyroïdien est réalisé en cas de doute sur la présence d’un éventuel dysfonctionnement de la thyroïde ou en suivi de routine après l’instauration d’un traitement.

Ainsi, une valeur élevée de TSH marque une hypothyroïdie (souvenez-vous, l’autorégulation des hormones thyroïdiennes). A l’inverse, une TSH faible marque une hyperthyroïdie.

La TSH et la T3 libre sont les deux dosages les plus couramment réalisés pour ce bilan thyroïdien.

Il sera principalement demandé devant une prise ou une perte de poids (sans modification du régime alimentaire ou du rythme de vie), une fatigue inexpliquée, perte de cheveux, accélération du rythme cardiaque au repos, irrégularité des règles, troubles de l’humeur, tremblement des mains ou encore troubles du sommeil, exophtalmie (les yeux sortent des orbites) ...

PSA

Après le TR (Toucher Rectal), il s’agit du second moyen d’évaluer l’inflammation présente au niveau de la prostate. Ce dosage sera donc prescrit chez les hommes à des fins de diagnostic et de détection précoce du cancer de la prostate.

Ce dosage sert également de moyen de surveillance lors d’un traitement mis en place pour lutter contre ce type de cancer et lors de la fin des traitements.

Si le dosage est élevé, il devra alors être confirmé par un second dosage. Des dosages annexes (PSA libre notamment) seront alors demandés pour préciser le diagnostic.

Un dépistage précoce (souvent instauré à partir de 50 ans et de plus en plus systématiquement) permet de diagnostiquer des cancers à un stade où ils ne sont pas encore cliniquement décelables.

Conseils et FAQ

- Restez fidèle ! Pour un analyse sanguine récurrente dans le cadre d’un suivi régulier, il est conseillé de réaliser les prises de sang auprès du même laboratoire de biologie. En effet, les techniques d’analyses sont susceptibles d’être différentes entre les laboratoires et ainsi les résultats peuvent légèrement varier et rendre leur interprétation difficile.

- N’oubliez pas votre ordonnance, la carte Vitale et (éventuellement) votre carte de mutuelle.

- Pas de panique lorsque vous voyez une valeur en gras. La typographie n’a pour seul but que de mettre en évidence un dosage qui sort des clous. Ainsi, le dosage concerné ne sera pas forcément marqueur d’une maladie ou de gravité. Les normes sont définies de façon primaires comme une valeur standard. Un écart à la norme peut donc être toléré (pour certains dosages).

A qui vous adresser pour être rassuré rapidement ?

En premier lieu votre médecin. Il vous connaît et c’est lui qui a ordonné la prise de sang. Il reçoit systématiquement une copie par le laboratoire d’analyse. Vous pouvez (en attendant votre rendez-vous médical) demander conseil à votre pharmacien ou directement au biologiste qui a effectué les analyses.

Quand doit-on être à jeun pour une prise de sang ?

Si votre médecin vous a prescrit un bilan complet il sera nécessaire d’être à jeun. Ce sera principalement le cas pour les dosages de la glycémie à jeun (cela va de soi), un bilan lipidique, le dosage de la ferritine ou encore la recherche de facteur d’inflammation (VS et CRP).

A l’inverse, le jeune ne sera pas imposé ni nécessaire dans le cas d’un dosage de vitamine K, un bilan thyroïdien ou encore un dosage de PSA (Antigène Spécifique de la Prostate) par exemple.

Comment être à jeun ?

Etre à jeun signifie que vous ne devez pas avoir ingéré d’aliments (solides ou liquides) dans les 10 heures qui précèdent la prise de sang. C’est pour cela qu’elle sera privilégiée le matin. Ainsi, pas de petit déjeuner, pas de café ou thé (même non sucré !) mais uniquement de l’eau. Pensez aussi à éviter le brossage des dents ou la mastication de chewing-gum (tant pis pour l’haleine !). Il est également conseillé de ne pas fumer et de ne pas pratiquer d’activité physique intense dans les 48 heures qui précèdent le prélèvement.

En cas de doute, renseignez-vous auprès de votre laboratoire.

 

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