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Conseils : Dégénérescence Maculaire Liée à l'Age (DMLA)

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La Dégénérescence Maculaire Liée à l'Age (DMLA) est une atteinte dégénérative de la rétine qui provoque la perte progressive de la vision centrale en laissant intacte la vision périphérique (ou latérale).  

La DMLA affecte la macula (voir illustration), la zone centrale de la rétine qui est responsable de l'acuité visuelle, nécessaire aux activités quotidiennes telles que la lecture ou la conduite de voiture. 

Dans les pays occidentaux, la DMLA est la cause principale de perte sévère de la vision chez les personnes de plus de 50 ans. Environ 25 à 30 millions de personnes souffrent d'une forme ou l'autre de DMLA. Du fait du vieillissement de la population, ce chiffre pourrait doubler dans les 35 prochaines années.

Au sommaire :

Définition clinique de la DMLA 

La perte de vision centrale constatée dans les cas de DMLA est due à la dégénérescence de cellules photosensibles situées dans la macula, les photorécepteurs. La macula est la partie centrale de la rétine qui permet la vision des plus fins détails visuels. Lorsque ces photorécepteurs dégénèrent, la vision centrale fait de même. L’ampleur de la perte de vision centrale peut très fort varier, en fonction du type de dégénérescence maculaire, de sa sévérité ou d’autres caractéristiques individuelles.  L'ampleur de la perte de vision est très variable car elle est liée au type de DMLA et à ses complications. 

Les formes de DMLA 

La DMLA peut prendre deux formes :

  • une forme "sèche",
  • une forme "humide", plus grave.

La DMLA sèche, la forme la plus fréquente et la plus légère de DMLA, représente 85 à 90% des cas. Elle donne lieu à différentes formes de perte de vision et peut éventuellement évoluer vers la forme humide. L'un des signes principaux de la DMLA est la présence, au centre de la rétine, de petits dépôts de couleur blanc-jaunâtre, appelés druses. Les druses s'accumulent sous l'épithélium pigmentaire de la rétine en dessous de la macula. 

 

Bien que la forme humide de la DMLA ne représente que 10 à 15% des cas de DMLA, le risque de perte majeure de la vision est beaucoup plus important. Elle est responsable de 90 % des pertes graves de la vision associées à la DMLA. Environ 70% des personnes atteintes de la forme humide de DMLA sont reconnues comme étant aveugles, au sens légal du terme, dans les deux années qui suivent le diagnostic. La DMLA humide est due à la prolifération de vaisseaux sanguins anormaux (néovascularisation choroïdienne) sous la macula, la partie centrale de la rétine.

Ces vaisseaux sanguins anormaux provoquent une exsudation et des hémorragies dans la région maculaire. Ceci entraîne un soulèvement de la macula et évolue vers la formation de tissu cicatriciel avec perte de la vision centrale.  

Quels sont les symptômes ?

La progression de la maladie peut être lente ou rapide, mais la détérioration de la vision centrale s'étend en général sur quelques années. La plupart du temps, la vision périphérique reste normale mais le sujet éprouve des difficultés à voir de loin ou à accomplir des tâches de précision, comme coudre ou lire les petits caractères. Les visages peuvent apparaître brouillés et le sujet distingue de moins en moins bien les couleurs. Une distorsion, donnant un aspect ondulé aux bords ou aux lignes, peut accompagner ou précéder la vision trouble. Les sujets qui présentent une forme plus avancée de DMLA peuvent également percevoir des taches sombres occupant le centre de leur vision. 

Ce que voit un individu atteint de DMLA

La DMLA provoque-t-elle une cécité ?

Bien que la DMLA cause rarement une cécité totale, la perte de la vision centrale peut rendre les activités quotidiennes extrêmement difficiles. La détérioration visuelle associée à la forme humide est habituellement sévère et peut être rapide. Par contre, dans la forme sèche de la DMLA, le patient peut se rendre compte que sa vision baisse. Des distorsions peuvent apparaître, dues à la formation de vaisseaux sanguins anormaux et suintants dans la région de la rétine.Dans les cas de DMLA sèche, la perte de vision est en général progressive. Le patient perçoit des taches dans son champ visuel central, rendant difficile la lecture d'un texte continu. Avec le temps, la DMLA sèche peut provoquer une perte importante de la vision de détail ; toutefois la perte de la vision n'est en général pas aussi importante que dans la forme humide. Dans la DMLA, la perte de vision est définitive une fois le tissu rétinien détruit. 

Comment savoir si je suis atteint de DMLA ? 

Une grille dite d’Amsler peut être utilisée dans certains cas pour mettre en évidence des distorsions visuelles symptomatiques de la DMLA. Bien évidemment, seul un examen oculaire pratiqué par un spécialiste en ophtalmologie pourra diagnostiquer correctement la DMLA. Selon l’Académie Américaine d’Ophtalmologie (AAO), « pour les personnes de 40 à 64 ans, asymptomatiques et qui ont subi un examen complet récemment, des examens de contrôle devront être effectués tous les 2 à 4 ans. Pour les personnes de 65 ans et plus, l’AAO recommande une examen chaque 1 à 2 ans, même en l’absence de symptômes ».

Grille D'Amsler : testez votre vue

 

La grille d'Amsler est un test simple qui permet de mettre en évidence les métamorphosies - c'est-à-dire des distorsions de l'image - qui peuvent être le premier signe de DMLA. Pour tester votre vue : 

  • Placez une Grille d'Amsler sur un mur nu, dans une pièce bien éclairée, en plaçant le point central à hauteur des yeux.
  • Portez vos lunettes de lecture ou des lentilles et placez-vous à environ 30 cm du mur.
  • Couvrez un oeil avec la main, puis fixez le point central avec l'autre oeil. Vous devriez voir les 4 coins de la grille.
  • Si vous voyez des lignes ondulées ou floues, il est possible que vous présentiez des symptômes de DMLA.

Répétez le test avec l'autre oeil. Attention : certaines personnes atteintes de DMLA peuvent ne pas percevoir de distorsions sur la grille d'Amsler. Seul un examen effectué par un ophtalmologue permet de poser le diagnostic de DMLA. 

Les causes de la DMLA 

Les causes de la DMLA sont mal connues. Seul le lien entre le tabagisme et le risque de DMLA sèche et humide a pu être cliniquement prouvé.

Néanmoins plusieurs facteurs potentiels ont été identifiés, tels que :

  • l'âge
  • la prédisposition génétique :

Des études récentes suggèrent un lien héréditaire. Les parents au premier degré de patients atteints de DMLA humide auraient un risque trois fois plus élevé de développer la maladie. L’Académie Américaine d’Ophtalmologie (AAO) recommande aux personnes comptant parmi les membres directs de leur famille des personnes atteintes de DMLA de faire vérifier leurs yeux tous les deux ans.

  • des antécédents de cataracte
  • l'hypertension artérielle :

Les patients atteints de DMLA sèche traités pour hypertension artérielle, ayant des taux sériques élevés de cholestérol ainsi qu'un taux sérique faible de caroténoïde auraient un risque accru de développer une DMLA humide.

  • l'exposition au soleil
  • l'hypermétropie
  • la peau ou les yeux de couleur claire
  • le sexe :

Les femmes ménopausées ne bénéficiant pas d'un traitement oestrogénique courent un risque accru de développer une DMLA. D'une manière générale, l'incidence de la DMLA est maximale chez les femmes de race blanche de plus de 60 ans. 

Chaque année, quelque 500 000 nouveaux cas de DMLA humide sont diagnostiqués dans le monde, dont 200 000 en Europe. Les problèmes de vue liés à la DMLA, quelle qu'en soit la forme, concerneraient quelque 25 à 30 millions de personnes dans le monde et environ 8,5 millions d'Européens de plus de 40 ans. Ce chiffre augmentera encore dans les années à venir du fait du vieillissement de la population.Malgré sa sévérité la DMLA est mal connue du grand public. Une récente enquête effectuée à la demande de l'Alliance Internationale contre la DMLA (AMD Alliance a conclu que 2% seulement des adultes interrogés savaient que la perte grave de la vision chez les personnes de 50 ans et plus était essentiellement due à la dégénérescence maculaire liée à l'âge. 82% des personnes interrogées ne connaissaient pas la DMLA1

Peut-on traiter la DMLA ? 

Il n'existe actuellement aucun traitement de la DMLA sèche. Quant à la forme humide de la DMLA, deux traitements ont fait leurs preuves cliniques. Le premier est la photocoagulation directe par laser, une procédure chirurgicale qui implique le contact d’un laser à haute intensité afin d’obturer et stopper ou ralentir la progression des vaisseaux sanguins anormaux. Cependant, cette procédure peut engendrer la formation d’une tache aveugle permanente sur la rétine.La thérapie photodynamique (TPD), seconde option thérapeutique, est un traitement qui combine l’administration en intraveineuse d’un  colorant photosensible qui, lorsqu'il est activé par un laser à infrarouge, limite ou stoppe la progression des vaisseaux sanguins anormaux sous la rétine. Ce traitement ne laisse pas de tache aveugle sur la rétine.Alors que plusieurs traitements photodynamiques sont encore en phase d’étude, celui avec la verteporfine (Visudyne™) a récemment reçu une approbation dans plus de 40 pays en Europe, en Amérique du Nord et du Sud ou encore en Asie ou dans le Pacifique. D’autres thérapies sont également en phase de recherche clinique.Un diagnostic précoce est un élément clé, car la perte de vision suite à l’expansion de vaisseaux sanguins anormaux est définitive. 

Prévention de la DMLA 

Des mesures peuvent être prises pour limiter les facteurs de risque et réduire les risques de développer une DMLA : 

Considérez les examens/tests oculaires réguliers comme une priorité : une détection précoce de la DMLA grâce à des examens et tests ophtalmologiques réguliers (tous les deux ans) est essentielle ; les options thérapeutiques, la réhabilitation et les services de soutien pourront dès lors être administrés suffisamment rapidement pour en augmenter l’impact.

Arrêtez de fumer : les fumeurs courent davantage de risques de développer une dégénérescence maculaire que les non-fumeurs. 

Contrôlez votre tension artérielle : il existe un lien probable entre l'hypertension artérielle et la DMLA.

Protégez vos yeux des rayons ultraviolets (UV) : les UV peuvent endommager votre rétine. Cela peut augmenter le risque de développer une dégénérescence maculaire ou en accélérer le développement. Portez un chapeau ou une visière à l'extérieur, même lorsque le temps est nuageux, et procurez-vous des lunettes solaires capables de bloquer 99 à 100 % des rayons ultraviolets.

Mangez sainement : un régime riche en fruits et légumes et pauvre en graisses saturées semble aider les personnes atteintes de DMLA. Certaines études ont constaté que les légumes aux feuilles vert foncé, comme les épinards ou le chou vert, peuvent également être bénéfiques pour réduire le risque de DMLA humide.

Faites régulièrement de l'exercice : l’activité physique contribue tout autant à la santé des yeux que de celle du corps tout entier... Le rôle des vitamines, des minéraux et des antioxydants dans la prévention de la dégénérescence maculaire est source de controverses et d'informations contradictoires : des taux sériques élevés de vitamine E, A et C ainsi que de zinc pourraient être bénéfiques, mais l'efficacité n'a pas encore été démontrée. Le « National Eye Institute » américain sponsorise à l’heure actuelle l’étude AREDS (Age Related Eye Disease Study – Etude sur les maladies des yeux liées à l’âge) dans laquelle la consommation d’antioxydants et de zinc est mise en corrélation avec la progression de la DMLA. Cette étude devrait fournir une réponse plus complète quant à l’efficacité de ces compléments (Il est à noter que l’emploi de ces compléments nutritionnels doit se faire avec l’accord d’un médecin. Certains d’entre eux peuvent en effet interagir de manière négative avec des traitements médicamenteux en cours). 

Quelles options de réhabilitation s’offrent aux patients atteints de DMLA ?  

Bien qu'il n'existe pas de traitement définitif de la DMLA, les personnes atteintes de cette affection peuvent néanmoins continuer à mener une vie indépendante grâce aux différentes possibilités de traitement et de revalidation telles que les aides pour mal voyants (sur-correction de lecture, télescopes, loupe TV...) et aux services d'accompagnement destinés à réapprendre à effectuer les tâches quotidiennes. Ces options devront être discutées avec l'ophtalmologue.  

Lien pertinent : Syndicat National des Ophtalmologistes de France

1 Source : sondage effectué sur un échantillon représentatif de 7830 adultes canadiens, français, allemands, italiens, espagnols, britanniques, américains, hollandais et belges commandé par l'Alliance Internationale de Lutte contre la DMLA au mois de juin 1999 et en janvier 2000 aux Pays-Bas et en Belgique.  

Parlez-en à votre médecin.


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