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Conseils : Varicelle et Zona

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La Varicelle et le Zona sont deux maladies connues, très liées comme l’une est la suite de l’autre. Elles sont causées par un virus, le VZV ou Varicella-Zona Virus. Nous allons commencer par le début, à savoir la varicelle.

 

Au sommaire :

La varicelle 

 

Définition et symptômes

 

Dans des pays comme la France, la varicelle est extrêmement courante : plus de 90% des personnes non vaccinées l’ont eu avant 15 ans. Elle est en effet connue pour être une maladie de l’enfance, avec une grande partie des cas avant 9 ans.

Les premiers symptômes peuvent être divers : fièvre légère, fatigue, nez qui coule, maux de tête, courbatures. Ce n’est seulement qu’après qu’apparaît la manifestation caractéristique de la varicelle, à savoir les boutons ou vésicules.

Ils commencent par des petites taches roses de 2 à 3 millimètres qui se transforment rapidement en petite cloques remplies d’un liquide transparent. Elles sèchent ensuite en 2 à 3 jours, pour former une croûte qui finira par tomber. Il est conseillé, pour éviter les cicatrices, de ne pas gratter les boutons et croûtes.

Les vésicules apparaissent d’abord à la base des cheveux, sur le thorax, pour progressivement toucher tout le corps (en dehors de la paume des mains et des pieds). Elles surviennent en poussées successives pour qu’enfin cette situation se résolve d’elle-même en un peu plus de deux semaines au maximum.

La présence de vésicule est très variable en intensité. Elle peut être des fois si peu importante qu’on peut passer à côté.

 

Contagiosité

 

La varicelle, même si généralement peu grave, est TRÈS contagieuse. Elle est transmise par la salive les sécrétions nasales, ainsi que par le liquide contenu dans les cloques. Elle peut donc se retrouver sur toutes les surfaces. Sa période d’incubation est de deux semaines environ. L’enfant est contagieux dès l’apparition des premiers symptômes et le reste jusqu’à cicatrisation totale de toutes les vésicules présentes. Le fait d’avoir très peu de vésicules est la situation la plus à risque. En effet la varicelle n’étant pas suspectée, aucune disposition n’est prise, mais l’enfant reste tout de même hautement contagieux.

La première mesure à prendre en cas de suspicion de varicelle est de retirer son enfant de la crèche ou de l’école pour éviter de contaminer d’autres enfants. Il est aussi déconseillé de mettre un enfant atteint en présence de personnes immunodéprimées, de femmes enceintes, et d’adultes n’ayant pas eu la varicelle.

 

Traitement

 

Première bonne nouvelle, la maladie est peu grave et évolue d’elle-même favorablement sans traitement.

Le traitement de la varicelle est surtout symptomatique (fièvre, douleur) et cherche à limiter les complications (démangeaison et surinfection des vésicules).

Pour la fièvre, les maux de tête et les courbatures, la seule option est le paracétamol. Les anti-inflammatoires de type corticoïdes et ibuprofènes sont susceptibles d’augmenter le risque de complications. L’aspirine est aussi à proscrire car elle peut être à l’origine d’une complication rare mais mortelle dans 20% des cas : le syndrome de Reye.

Pour éviter les démangeaisons on donne des antihistaminiques par voie orale. En effet moins on touche à la peau, moins on a de risque de percer les vésicules, cela limite la contagiosité à l’entourage et le risque de surinfection.

D’autres mesures permettent de limiter les surinfections et donc les cicatrices :

- limiter la température intérieure à 20° et ne pas exposer au soleil

- éviter les vêtements serrés

- préférer la douche aux bains

- ne pas mettre des gels, crèmes, pommades ou talc

- couper les ongles

Après la toilette une désinfection des boutons est possible avec une solution à base de chlorhexidine. Elle est à appliquer bouton par bouton à l’aide d’un coton. Un antibiotique est indiqué si une surinfection bactérienne est suspectée. Dans les formes les plus graves un antiviral peut être donné.

 

Tous les traitements évoqués vont vous être prescrits par votre médecin quand ce dernier aura posé le diagnostic de varicelle. Mais si la fièvre ne cède pas, ou que la situation n’évolue pas vraiment avec les traitements, il ne faut pas hésiter à reconsulter.

 

Vaccin

 

Autre bonne nouvelle, une fois qu’on a eu la varicelle on ne peut pas l’avoir de nouveau (sauf dans de très rares cas) !

Il existe un vaccin très efficace contre la varicelle, mais compte tenu du caractère majoritairement bénin de la maladie et de l’immunisation qui suit, il n’est pas obligatoire. Il est toutefois recommandé pour certaines personnes ne l’ayant pas eu (ou ne le sachant pas) :

- adultes dans les trois jours après une exposition à une personne malade

- adolescents (12-18 ans)

- femmes en âge de procréer avec désir d’enfants

- femmes après une première grossesse

- étudiants en première année d’études médicales ou paramédicales

- personnel en contact avec la petite enfance

- personnes en contact avec des personnes fortement immunodéprimées

- enfants candidats à une greffe d’organe

Toute personne qui le souhaite peut se faire vacciner ou faire vacciner son enfant. Le vaccin est disponible sans ordonnance et non remboursé. Seules les personnes dans les cas cités ci-dessus sont susceptibles de recevoir une prise en charge.

 

Complications

 

Dans certaines conditions la varicelle peut donner des complications, des fois graves. Elles touchent principalement les nourrissons, les immunodéprimés, les femmes enceintes, et les adultes n’ayant jamais eu la varicelle.

Comme nous le disions précédemment, les vésicules démangent énormément, malgré cela, il est déconseillé de les gratter : cela peut entrainer une infection et laisser des cicatrices inesthétiques à vie.

Il y a aussi de très rares cas où la personne n'est pas immunisée après sa première varicelle. C'est surtout le cas si la maladie a été contractée avant deux ans, ou si la personne a un système immunitaire affaibli. L’immunité est généralement acquise suite à la seconde varicelle.

 

Il y a ensuite des complications beaucoup plus graves :

Chez l’enfant, où il existe le Syndrome de Reye. Il touche de nombreux organes, surtout le cerveau et le foie, et peut être assez rapidement mortel. Il reste méconnu malgré sa dangerosité, et peut survenir lorsque l’on utilise de l’aspirine en cas de maladie virale (grippe, oreillons, rhume, ou varicelle) chez le moins de 18 ans. L’aspirine est donc à proscrire chez l’enfant dans ces maladies.

Chez l’adulte c’est une première infection au-delà de 20 ans qui est à craindre. Elle peut concerner jusqu’à une personne sur 10. En effet la forme adulte est beaucoup plus grave que la forme enfant. Après l’apparition des vésicules, deux complications principales peuvent se manifester :

- la pneumonie varicelleuse : se manifeste par un fort essoufflement, une douleur thoracique, et une toux sèche accompagnée de crachats sanglant ; il s’agit d’un risque vital qui impose un traitement antiviral immédiat !

- complications neurologiques (méningites ou encéphalites) : le virus s’attaque directement au cerveau, entrainant rapidement des troubles de la conscience ; il y a là aussi un fort risque vital et mêmes soignées, ces complications peuvent entrainer des séquelles.

Ces complications de l’adulte restent néanmoins rares. Elles interviennent surtout chez les personnes souffrant de maladies respiratoires chroniques, ou avec un système immunitaire faible (pour cause de maladie ou de traitement).

 Chez la femme enceinte, en plus de l’effet sur la mère, le virus peut endommager le fœtus. En effet, deux périodes sont à craindre :

- La première période va du deuxième au sixième mois : le fœtus peut contracter une varicelle congénitale entraînant des malformations, des cicatrices, des lésions neurologiques, osseuses, musculaires ou ophtalmiques, ainsi que des retards de développement.

- La deuxième période correspond aux trois dernières semaines avant l’accouchement. Plus la mère contracte la maladie proche de l’accouchement, plus le bébé a de risque d’attraper une varicelle néonatale, et plus cette dernière est grave. Le taux de mortalité peut atteindre 20 à 30%.

 

Ces complications restent quand même, heureusement, très rares.

 

Le zona

 

Le zona est un peu à part comme manifestation. Ce n’est pas vraiment une complication comme celles évoquées plus haut. Mais qui est-il vraiment ?

 

Définition et symptômes

 

Il s’agit en fait d’une réactivation temporaire du virus après guérison et malgré l’immunité. Le virus a la particularité d’aller s’installer dans les ganglions nerveux après l’épisode d’éruption des vésicules. Il y demeure définitivement et peut ne jamais se manifester de nouveau, mais certaines situations font que le virus peut se réactiver, notamment l’âge, certaines maladies neurologiques, ou une baisse de l’immunité.

Les manifestations sont alors assez caractéristiques : il s’agit d’éruptions de vésicules semblables à celles de la varicelle mais localisées sur le trajet d’un nerf. Elles apparaissent généralement sur le torse et les flancs au niveau des côtes, et sont accompagnées de douleurs très intenses et très invalidantes (démangeaisons très fortes, sensation de brûlure). La guérison a lieu en 2 à 6 semaines. Le zona par rapport à la varicelle est nettement moins contagieux, et ne se manifeste généralement qu’une fois dans la vie de la personne. Il convient quand même de ne pas entrer en contact avec des personnes immunodéprimées quand on a un zona en phase vésiculeuse.

 

Complications

 

Les principales complications d’un zona ont lieu chez les personnes très fortement immunodéprimées (cancer, VIH) et les personnes âgées, chez qui il peut se généraliser, et aller jusqu'à entraîner la mort. Comme n’importe-quel nerf peut être touché, des complications peuvent subvenir en fonction du lieu de l’atteinte (notamment en cas d’atteinte du nerf optique où on parle de zona ophtalmique : il peut provoquer de fortes douleurs au niveau de la tête et mettre en danger l’œil). Les douleurs nerveuses sont aussi connues pour perdurer des fois très longtemps après la guérison.

 

Traitement

 

Le traitement a de nombreuses similitudes avec celui de la varicelle. Il faut en effet nettoyer les vésicules, combattre la douleur, et lutter contre le virus. La peau est désinfectée à la chlorhexidine, et les même conseils (vêtements, ne pas gratter, éviter la surinfection…) s’appliquent. Comme il s’agit là d’une manifestation de l’adulte, l’arsenal pour traiter la douleur est beaucoup large. Compte tenu de l’origine nerveuse de la douleur, des antalgiques puissants sont des fois nécessaires. Des antiviraux à forte dose sont aussi prescrits, le plus rapidement possible étant le mieux.

 

 


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