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Conseils : Schizophrénie

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Le mot « schizophrénie » est dérivé du grec et signifie « esprit divisé » mais c’est un malentendu de croire que ces patients ont une « personnalité divisée et multiple ». Ils sont en réalité confrontés à l’estompement progressif ou brutal de la frontière entre le fantasme et la réalité.

Un Français adulte sur cent souffre de ce dérèglement psychique. Une estimation démontre que la France compte au moins 600 000 patients schizophrènes, dont 400 000 seulement sont diagnostiqués. La maladie touche aussi bien les hommes que les femmes.

Au sommaire :

Mais que se passe-t-il dans la tête d’un schizophrène ?

La schizophrénie entraîne un décrochage avec la réalité. Les pensées des schizophrènes deviennent déformées et étranges. Dans les cas graves, ils peuvent avoir des hallucinations, c'est-à-dire qu'ils entendent des voix. Ces voix commentent leurs idées et influencent leurs agissements. Ils peuvent parfois avoir des visions. Ils expliquent cela comme étant l’effet de forces extérieures : envoûtement et/ou possession par le diable, un extraterrestre, des divinités, des forces occultes, certaines personnes, etc. Le patient schizophrène se sent souvent persécuté. Ces hallucinations peuvent parfois le conduire à devenir violent, tellement il est angoissé.

Les symptômes de la schizophrénie

On distingue principalement les symptômes positifs et négatifs.

Symptômes positifs

Les symptômes appelés « symptômes positifs » sont les symptômes qui apparaissent chez le patient au moment du développement de la maladie. On peut citer les hallucinations, délires, pensées confuses, conduites bizarres et agitations qui proviennent du fonctionnement psychique dérangé du patient.

Symptômes négatifs

En revanche, les symptômes appelés « symptômes négatifs » sont des symptômes déficitaires et ils désignent les traits qui disparaissent chez les patients. Ces derniers évitent souvent tout contact personnel et ne semblent pas ressentir d’émotions normales. Leurs états d’âmes peuvent passer sans raison apparente de l’apathie à une grande excitation. Leur langage s’appauvrit. Nombreux sont ceux qui dorment une grande partie de la journée, sont inactifs et négligent leur apparence.

Symptômes cognitifs et affectifs

Symptômes cognitifs : les perceptions sont là mais ne sont plus interprétées et utilisées normalement parce que le travail de mémoire, de décision, de tri, ne se fait plus. Par exemple : le patient voit qu’il pleut mais ne se sert pas de cette information pour prendre un parapluie.

Symptômes affectifs : anxiété et dépression qui s’expliquent par le caractère pénible des symptômes positifs, et une certaine apathie.

Ceci conduit à la diminution, voire à la disparition, de leur manière habituelle de fonctionner. Les dépressions, sentiments de culpabilité et angoisses sont fréquents. Le souffrance est parfois tellement intense que le patient se suicide. Au cours des 10 premières années de la maladie, 10% des patients schizophrènes mettent fin à leurs jours.

Quelles sont les causes de la schizophrénie ?

On peut trouver une explication biologique dans l’activité perturbée des neurotransmetteurs : dopamine et sérotonine. Les neurotransmetteurs sont des substances fabriquées par les cellules nerveuses pour assurer la transmission des signaux nerveux entre les cellules.

Cette perturbation provoque chez les patients schizophrènes des psychoses et des hallucinations. Dans les deux cas, on tentera de vaincre ces symptômes psychotiques par l’administration de régulateurs de la dopamine et de la sérotonine.

Les chercheurs pensent de plus en plus que le cerveau des schizophrènes présente des différences structurelles. C’est la manière dont certains centres du cerveau s’activent et/ou collaborent ensemble qui amènerait un dysfonctionnement.

Il semble bien qu’il existe une composante génétique : si un membre de la famille souffre de schizophrénie, le risque de voir un autre membre de la famille contracter la maladie est 10 fois plus élevé que dans une famille sans malade. Cependant, le caractère héréditaire de la maladie n'a pas été définitivement établi.

La schizophrénie est présente dans toutes les couches de la population et chez les personnes de tout niveau intellectuel.

Comment se déclare la maladie ?

La maladie se déclare généralement entre 15 et 30 ans. 

Les premiers symptômes de la psychose se produisent à la suite d’événements stressants. Ils sont généralement présents un an avant que le patient ne consulte un médecin. Ensuite, il faut encore en moyenne une année durant laquelle il y aura plusieurs consultations chez le médecin généraliste ou chez le psychiatre, avant que le diagnostic soit fait et qu'une première hospitalisation n’ait lieu.

Quel traitement pour la schizophrénie ?

Certains neuroleptiques font disparaître les délires, les hallucinations, l’anxiété, l’excitation et l’agressivité mais provoquent souvent des effets secondaires.

Les nouveaux antipsychotiques agissent favorablement, non seulement sur les symptômes positifs, mais ils influencent aussi les symptômes négatifs. Les patients sont moins démunis face à leurs sentiments et leurs pensées sont moins confuses. Les effets secondaires sont également moins importants

Ces médicaments permettent d'atténuer les symptômes efficacement, mais ils ne permettent pas de guérir. Le traitement doit être suivi rigoureusement pour éviter la rechute.

Quelques conseils

Une enquête a démontré que la première année qui suit une psychose est primordiale. Si on supprime les médicaments, 80 % des patients rechutent.

Une intervention rapide limite sensiblement le risque. Pour cela, une hospitalisation de 2 mois minimum est généralement indispensable.

Le prise de conscience de la maladie joue un rôle important.

Il semble bien que l’implication de la famille dans le traitement du patient pendant et après l’hospitalisation a une influence favorable sur l’évolution de la maladie.

 

Parlez-en à votre médecin.


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